HUMANIYA et ses raisons d’être
Une mission. Une communauté. Plusieurs médias et plusieurs formes d’action.
Il y a ce qui est annoncé.
Et il y a ce qui arrive.
Une aide promise. Un financement voté. Un cessez-le-feu annoncé. Des camions autorisés. Des engagements pris devant les caméras.
Puis vient le réel.
Combien de camions sont effectivement passés ?
Combien d’argent est réellement arrivé ?
Combien de personnes ont effectivement été soignées, nourries, protégées ?
Que reste-t-il d’une promesse lorsque l’attention médiatique s’est déplacée ailleurs ?
Entre ce que le monde promet et ce qui arrive réellement aux êtres humains, il existe un écart.
Mesurer cet écart est un métier.
C’est celui de HUMANIYA.
Revenir
L’actualité aime les commencements.
Le jour où la guerre éclate.
Le jour où la catastrophe frappe.
Le jour où une conférence internationale promet des milliards.
Le jour où des dirigeants annoncent une solution.
HUMANIYA veut aussi raconter ce qui vient après.
Revenir lorsque les caméras sont parties.
Vérifier si l’eau coule.
Si l’hôpital tient.
Si l’aide est arrivée là où on l’avait promise.
Si l’argent annoncé a été versé.
Si ceux qui devaient être protégés le sont réellement.
Parce qu’une crise ne cesse pas d’exister lorsqu’elle disparaît des gros titres.
L’humanitaire mérite mieux que vingt-quatre heures d’attention.
Nommer les sources. Vérifier les faits.
Nous écrirons « selon l’ONU », « selon les autorités », « selon cette ONG », « selon les témoins ».
Nous distinguerons ce qui est établi, ce qui est revendiqué, ce qui est contesté et ce que nous ne pouvons pas vérifier.
Nous commettrons certainement des erreurs.
Alors nous les corrigerons.
Parce que la confiance ne vient ni d’un logo, ni d’un slogan, ni d’une déclaration d’intention.
La confiance ne se décrète pas.
Elle se gagne, article après article.
Regarder aussi ceux qui agissent
L’humanitaire n’est pas seulement fait de guerres, de catastrophes, de conférences internationales et de grandes organisations.
Il y a aussi celui qu’on filme moins.
Le retraité qui charge sa camionnette de dons chaque samedi.
L’association de quartier qui monte une cantine avec ce qu’elle a.
L’infirmière qui pose ses congés pour partir là où l’on manque de bras.
La diaspora qui envoie de l’argent avant même d’envoyer des nouvelles.
Il y a les bénévoles, les soignants, les logisticiens, les associations locales, les ONG, les chercheurs, les citoyens et tous ceux qui refusent de considérer la souffrance des autres comme une fatalité.
HUMANIYA veut aussi raconter leur histoire.
Sans les idéaliser.
Sans transformer l’information en communication.
Promouvoir n’est pas flatter.
Donner de la visibilité à ceux qui agissent n’interdit jamais de poser des questions.
C’est même l’inverse.
Utiliser la technologie. Ne jamais lui abandonner notre jugement.
Nous avons aujourd’hui des outils que les générations précédentes de journalistes et d’humanitaires n’auraient pas imaginés.
Des données peuvent être croisées.
Des documents analysés.
Des images comparées.
Des témoignages traduits.
Des distances calculées.
Des informations venues de plusieurs continents rapprochées en quelques instants.
L’intelligence artificielle fera partie de ces outils.
Nous l’utiliserons.
Mais nous savons aussi où doit s’arrêter son rôle.
La machine trie, traduit, cartographie.
Elle ne décide pas de ce qui mérite d’être raconté, et nous ne le lui déléguerons jamais.
La technologie peut démultiplier une volonté humaine.
Elle ne doit jamais la remplacer.
Une petite équipe peut décider de revenir
HUMANIYA n’est pas né avec une immense rédaction, des dizaines de bureaux à travers le monde ou des moyens illimités.
Et ce n’est pas cela qui décidera de son utilité.
Parce qu’une équipe petite et têtue peut faire ce que trop de rédactions n’ont plus le temps de faire : revenir.
Revenir sur une crise.
Revenir sur une promesse.
Revenir sur un chiffre.
Revenir vers une association.
Revenir six mois plus tard et demander :
Alors, qu’est-ce qui s’est réellement passé ?
Un média. Et davantage qu’un média.
HUMANIYA publiera des actualités, des enquêtes, des analyses et des décryptages.
Il donnera la parole.
Il produira du son.
Il fera vivre des podcasts et, selon les autorisations obtenues, la radio.
Il publiera des livres.
Il réunira des associations, des ONG et des initiatives.
Il organisera des rencontres et des événements.
Il expérimentera de nouvelles manières de raconter, de comprendre et de relier.
Mais ces projets ne devront jamais devenir des territoires séparés.
Une identité HUMANIYA.
Une mission.
Une communauté.
Plusieurs médias et plusieurs formes d’action.
Car le support changera.
La mission, elle, ne changera pas.
Grandir, mais pourquoi ?
HUMANIYA a vocation à grandir.
Mais grandir ne peut pas être une finalité.
Davantage de lecteurs, d’auditeurs, de partenaires, de projets ou de moyens n’auront de sens que s’ils permettent d’aller plus loin dans notre mission.
« Notre seule mesure sera de savoir si, à notre échelle, la souffrance a reculé quelque part. »
C’est une ambition immense.
Nous savons qu’un média, à lui seul, ne nourrit pas une population, ne soigne pas un enfant et ne met pas fin à une guerre.
Nous ne prétendrons jamais le contraire.
Mais l’information peut rendre visible.
Elle peut documenter.
Elle peut transmettre.
Elle peut empêcher l’oubli.
Elle peut demander des comptes.
Elle peut relier ceux qui veulent agir à ceux qui agissent déjà.
Et parfois, cela suffit pour que quelque chose commence.
La question
Au fond, HUMANIYA ne repose pas seulement sur une ligne éditoriale.
Il repose sur une question.
Une question beaucoup plus ancienne que notre média et qui lui survivra probablement :
Que faisons-nous de notre humanité quand d’autres humains ont besoin de nous ?
Nous n’avons pas la prétention d’en connaître toutes les réponses.
Mais nous avons décidé de ne pas cesser de poser la question.
C’est pour cela que HUMANIYA existe.
